Rentable ! L'activité physique a un impact bénéfique pour les patients atteints de cancer

Cancer : 3 malades sur 4 pratiquent une activité physique

Rentable ! L'activité physique a un impact bénéfique pour les patients atteints de cancer. Mais la fatigue liée au traitement ou les douleurs empêchent certains patients de s'y mettre. 

Yoga, sport de combat, marche nordique ou encore natation… Pratiquer une activité physique alors que l’on est atteint d’un cancer est plus que compatible, c’est même thérapeutique. Convaincus, les patients sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à s’y mettre : 3 malades du cancer sur 4 font de l’exercice physique, révèle l’enquête PODIUM (1) menée par l’association Cami Sport et Cancer propose.

Faire du sport, c'est bon pour la santé. De nombreuses études l'ont montré et le message est clairement diffusé par les autorités sanitaires avec des programmes comme « Manger, bouger ». D'autres études ont également montré que le sport pouvait aussi aider les malades. Notamment ceux atteints d'un cancer. Une activité physique adaptée et pratiquée de manière régulière permet ainsi de réduire les effets secondaires liés aux traitements anti-cancéreux. Cela permet aussi de limiter les rechutes.

40 % des cancers pourraient être évités

Instaurer une heure de sport par jour permettrait d'économiser des milliards d'euros par an

Pour une fois, une étude française met en lumière le rapport au sport des personnes malades. Certains résultats peuvent surprendre. Ainsi, 74% des patients ont continué à pratiquer une activité physique après avoir été diagnostiqués, et ceux malgré la fatigue liée au traitement. Surtout, plus de malades ont commencé le sport de façon régulière après diagnostic (17%) que ceux qui ont arrêté (13%).

L'amélioration de la qualité de vie

L'étude, commanditée par la Fédération nationale CAMI Sport & Cancer, fondée en 2000 par le cancérologue Thierry Bouillet et le karatéka Jean-Marc Descotes, a été menée auprès d'environ 1.500 patients dont une majorité de femmes souffrant d'un cancer du sein. Parmi les bénéfices attendus de la pratique du sport, les patients citent en tête l'amélioration de la qualité de vie (99%), des chances supplémentaires de guérir (83%) et la préservation du statut social (67%).

La fatigue liée notamment aux chimiothérapies est en revanche le principal frein à l'activité physique (51%), suivie du manque de courage (41%), des idées reçues selon lesquelles « il faut se reposer » (36%) ou encore des douleurs (un tiers des patients). Autant de remarques qui justifient pour les patients de pratiquer une activité physique adaptée. Ils peuvent pour cela demander conseil à leur cancérologue.

Réduction des risques de rechute et de mortalité

Car selon la CAMI, qui propose des cours de sport adaptés aux patients atteints de cancer et qui a même créé un diplôme universitaire Sport et Cancer, le sport réduit la fatigue liée au cancer qu'il soit pratiqué « pendant ou après » les traitements. En fabriquant de nouvelles fibres musculaires, l'activité sportive permet également de maintenir la masse musculaire « ce qui a pour effet de lutter contre la toxicité des traitements anti-cancéreux », souligne la CAMI.

Mais elle réduit également les risques de rechute et de mortalité : une méta-analyse a ainsi fait état d'un risque de mortalité réduit de 34% chez les femmes atteintes d'un cancer du sein localisé et pratiquant une activité physique « suffisamment soutenue et régulière » (150 minutes par semaine en trois séances). Le même effet se retrouve chez les patients atteints de cancer du côlon, à condition de pratiquer une activité encore plus soutenue.

Surtout, note la CAMI, l'un des effets non-négligeables du sport est d'améliorer l'état psychologique des patients « en les réconciliant avec leur corps ». L'activité physique adaptée, si elle est pratiquée en club ou avec des proches, permet aussi de renforcer les liens sociaux. Il reste alors très peu d'excuses à un patient pour ne pas se mettre au sport.



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