Elle sauve 2500 enfants.

Aujourd’hui on vous présente une femme incroyable au destin incroyable et au courage incroyable. Non mais c’est vrai, c’est rare de rencontrer une personne pareille, il faut être reconnaissant lorsqu’il le faut. Elle s'appelle Irena Sendlerowa. Elle a fait sortir plus de 2500 gamins juifs du ghetto de Varsovie. Elle leur a sauvé la vie.

Qui est Irena Sendlerowa ?

Irena Sendlerowa (née Krzyżanowska) est originaire de Varsovie, elle a grandi dans une banlieue ouvrière. Son père est médecin, il ne roule pas sur l’or, mais il fait vivre sa famille correctement. Il est engagé dans des actions sociales pour aider les plus démunis et estime qu’il n’existe qu’une seule différence entre les humains : ceux qui font le bien et ceux qui font le mal, sans distinction de race, de religion ou de fric. Sans doute l’altruisme se transmet de père en fille dans cette famille. Née le 15 février 1910, Irena sait ce qu’elle veut : être utile. Contre toute attente, elle apprend la plomberie et la serrurerie. C’est utile, efficace et ça lui permet également d’aider les personnes les moins friquées. Irena épouse Mieczyław Sendler et devient Irena Sendlerowa. Toute sa jeunesse, elle lutte contre toutes les discriminations, elle s’engage au Département de l’Aide sociale à la mairie de Varsovie afin de venir en aide aux juifs. Elle intègre Zegota, la Commission d’aide aux Juifs. Évidemment, cette commission est clandestine.

Le ghetto de Varsovie

Après l’annexion de la Pologne par l’Allemagne, les persécutions des populations juives commencent à Varsovie. Les juifs doivent respecter un couvre-feu, ils ne peuvent plus déménager ni se déplacer avec les transports communs, tous les moyens de communication sont coupés (radio, journaux…) et le courrier n’est ni envoyé ni distribué. Finalement, les juifs n’ont plus le droit de ne fréquenter aucun des lieux publics. 

Polen, Ghetto Warschau, Straßenszene

En mai 1940, les Allemands qualifient le quartier juif de « zone d’épidémie ». C’est moche. Très moche. Mais le pire est à venir. En octobre 1940, les juifs n’ont plus le droit d’en sortir, mais les autres juifs du pays doivent s’y installer. Pour éviter que les juifs tentent de s’échapper, on monte un petit mur avec des barbelés tout ça. il y a plus de 439 000 juifs enfermés, soit plus de 130 000 habitants au km², tout le monde crève la dalle, les enfants en premier. Irena Sendlerowa ne supporte pas cette injustice et va décider d’agir.

Les premiers temps au ghetto de Varsovie

Irena va rapidement intervenir comme assistance sociale auprès des familles juives et pauvres. Elle va apporter de la nourriture, des vêtements mais aussi des médicaments. Ce qui est strictement interdit. Irena Sendlerowa s’occupe également de composer des faux papiers. Avant tu étais un enfant juif polonais, maintenant tu es un enfant polonais. Voire allemand. Il faut ce qu’il faut, sinon tu meurs. Certificat de naissance, enquête familiale, tout est faux et peu importe. Elle travaille avec des institutions qui collaborent ou qui font semblant de ne pas savoir que ce sont des faux pour sauver la vie de ces pauvres gamins et les accueillir le temps de trouver des familles d’accueil… Irena veut sauver des enfants, et c’est ce qu’elle fait. D’ailleurs pour sortir les enfants du ghetto de Varsovie elle va mettre en place un plan et grâce à ses outils de serrurière, elle va parvenir à en sauver plus de 2500.

Irena est donc serrurière, elle possède une voiture avec un grand coffre afin d’y déposer ses outils lors de ses déplacements. Une petite boite à outils et un grand sac à gravats. À l’arrière de la voiture, son chien. Le meilleur ami de l’homme. Lorsqu’elle rentre dans le ghetto de Varsovie pour y faire quelques travaux, en réalité, elle cache un enfant en bas-âge dans la caisse à outils et un enfant plus grand dans le sac. 

Au préalable, elle a inscrit leurs noms ainsi que leur nouvelle identité sur un papier afin de ne jamais perdre la trace de ses petits et de pouvoir les retrouver à la fin de la guerre pour qu’ils retournent dans leurs familles. Évidemment, il y a un check-point à l’entrée et à la sortie du ghetto et elle a dressé son chien. Il aboie à chaque fois qu’il voit un nazi, ainsi, cela couvre les bruit des enfants, les éventuels pleurs ou jérémiades. Une fois le ghetto passé, Irena Sendleroa peut sortir les enfants, ils sont sains et saufs et vont partir en direction de Tukowice et Chotomov, deux institutions proches de Varsovie qui accueillent les enfants.

Le 20 octobre 1943, la Gestapo arrête Irena. Les autorités savent tout. Ils vont lui faire payer sa trahison. D’abord, elle est envoyée à Pawiak… Elle est torturée. On lui casse les jambes, plusieurs fois, certaines parties sont littéralement broyées. L’idée c’est de lui faire cracher les noms de ses complices, son réseau, les institutions et tous les détails de son activité. Irena ne dit rien. Pas un mot, pas un nom, pas une date. Pourtant, elle aurait pu parler de la bouteille qu’elle cache près d’un arbre dans son jardin, c’est dans celle-ci qu’elle inscrit et note toutes les identités des enfants juifs. Mais elle se tait pour protéger les autres. Elle ne donne rien, alors autant l’éliminer. La sentence est claire : la peine de mort. Mais le réseau d’Irena Sendlerowa est important et va acheter les gardiens pour la faire échapper. C’est réussi. Mais Irena ne peut plus marcher, elle ne peut plus aider sur le terrain et jamais elle ne va récupérer l’usage de ses jambes. Alors elle fait ce qu’elle peut, dans les bureaux du réseau pour continuer sa lutte. A la fin de la guerre, elle déterre sa jarre qui contient 2500 noms et va œuvrer pour que les petits retrouvent leurs parents… hélas, beaucoup sont morts dans les camps de concentration. "La raison pour laquelle j'ai aidé ces enfants prend racine chez moi, lorsque j'étais moi-même enfant. J'ai été élevée dans la conviction que les personnes démunies doivent être aidées sans tenir compte de leur religion ou nationalité", raconte Irena.

Enfin, la Pologne lui remet la médaille de l’Ordre de l’Aigle Blanc, ce qui représente la plus haute distinction civile polonaise. Et ce n'est pas tout, en 2007, le premier ministre polonais, Lech Kaczynski, propose qu’Irena Sendlerowa soit élevée « au rang d’héroïne nationale » : ce sera chose faite. Finalement, la Pologne a également proposé le nom d’Irena pour le prix Nobel de la Paix. Irena Sendlerowa est décédée en 2008.

Cette infirmière au cœur en or ne doit jamais être oubliée. Les personnes comme elles sont indispensables dans le monde non seulement pour tout le bien qu'elles font, mais également pour l'exemple qu'elles montrent. Il est possible de se montrer courageux et de prendre des risques pour agir dans l'intérêt des êtres vulnérables ! Irena est une véritable source d'inspiration.



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